Des chemins aux quatre vents

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Atelier J.O.I.E.

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Bonjour, merci de votre visite...

Le site est actuellement en refonte.
Dans le courant du mois de janvier 2017, vous trouverez sur cette page un lien vers le tout nouveau site de "Atelier J.O.I.E."

"Atelier J.O.I.E."
Outils zen et jolis pour sourire à la vie !

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Météo intérieure : émotions et sentiments

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Les Kayumo

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PATIENCE

En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin.
Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
Khalil Gibran

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PAIX

Lorsque l'esprit connaît la tranquillité il soumet l'univers tout entier.
Tchouang Tseu

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ÉCOUTE

La source de toutes les misères du monde est de ne penser qu'à soi. La source du bonheur du monde est de penser aux autres...
Shanditeva

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BEAUTÉ

Chaque instant est bonheur à qui est capable de le voir comme tel.
Henri Miller

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AMOUR

L'amour est l'ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n'est pas un simple sentiment, c'est la vérité, c'est la joie qui est à l'origine de toute création.
Rabindranàth Tagore

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RÉCONCILIATION

Le bonheur n'est pas dans la recherche de la perfection, mais dans la tolérance de l'imperfection.
Sagesse boudhiste

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SIMPLICITÉ

Less is more.

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AUTHENTICITÉ

Chaque homme doit inventer son chemin.
Jean-Paul Sartre

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DON

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pour recevoir.
J. W. Goethe

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JOIE

La vie ce n'est pas d'attendre que les orages passent mais d'apprendre à danser sous la pluie.
Sénèque

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RESPONSABILITÉ

Sois toi-même le changement que tu veux voir advenir dans le monde.
Gandhi

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CONSCIENCE

Le miracle n'est pas de marcher sur l'eau, il est de marcher sur la Terre verte dans le moment présent et d'apprécier la beauté et la paix qui sont disponibles maintenant.
Thich Nath Hahn

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SOURIRE

Pour l'esprit terne, toute la nature est terne. Pour l'esprit illuminé, le monde entier rayonne et flamboie.
Ralph Waldo Emerson

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PRÉSENCE

Celui qui a atteint son but a manqué tout le reste.
Parole Zen

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LUMIÈRE

On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux.
Antoine de Saint-Exupéry

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GRATITUDE

Qui vit content de rien possède toute chose.
Nicolas Boileau

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QUÊTE

Le bonheur n'est pas chose aisée. Il est très difficile de le trouver en nous, il est impossible de le trouver ailleurs.
Siddhartha Gautama, le Bouddha

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CONFIANCE

Le seul mal qu'il faut vaincre dans ton coeur, (…) c'est la peur. Tous les autres maux : la colère, la jalousie, la tristesse, la culpabilité morbide, proviennent de cet ennemi intérieur. Si tu arrives à dominer ta peur, plus rien ne t'atteindra, plus aucune force mauvaise n'aura d'emprise sur ton coeur. Et pour vaincre la peur, il n'y a qu'un remède : l'amour. Tout le chemin de la vie, c'est de passer de la peur à l'amour.
Frédéric Lenoir

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J.O.I.E.

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Oct. 1976

C'est décidé :
dans 14631 jours,
je crée ma petite boîte...


« Atelier J.O.I.E. »


(Merci M., merci N. pour le site en gestation :-)

2016, Voeux de vive voix

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Voici mes voeux...de vive voix

(ça s'écoute mieux avec un casque ; au besoin, voir la transcription plus bas)

Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants, Charlotte Delbo, 1970

Violoncelle : Sylvain Bernert
Voix : Trinka (C. Guerrah)

C'est tout frais du jour, au lendemain d'une nuit d'amitié, de fête et de poésie.
Merci à Sylvain d'avoir ressorti son archet et de m'avoir offert, pour le premier matin de 2016, cette musique sortie du coeur.


Revoir les années précédentes :

Voeux 2015
Voeux 2014
Voeux 2013
Voeux 2008


Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants

Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
un vêtement qui vous va bien
qui vous va mal
qui vous va à peu près
vous qui passez
animés d’une vie tumultueuse aux artères
et bien collée au squelette
d’un pas alerte sportif lourdaud
rieurs renfrognés, vous êtes beaux
si quelconques
si quelconquement tout le monde
tellement beaux d’être quelconques
diversement
avec cette vie qui vous empêche
de sentir votre buste qui suit la jambe
votre main au chapeau
votre main sur le cœur
la rotule qui roule doucement au genou
comment vous pardonner d’être vivants…

Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
comment vous pardonner
ils sont morts tous

Vous passez et vous buvez aux terrasses
vous êtes heureux elle vous aime
mauvaise humeur souci d’argent
comment comment
vous pardonner d’être vivants
comment comment
vous ferez-vous pardonner
par ceux-là qui sont morts
pour que vous passiez
bien habillés de tous vos muscles
que vous buviez aux terrasses
que vous soyez plus jeunes chaque printemps

Je vous en supplie
Faites quelque chose
Apprenez un pas
Une danse
Quelque chose qui vous justifie
Qui vous donne le droit
D’être habillés de votre peau de votre poil
Apprenez à marcher et à rire
Parce que ce serait trop bête
A la fin
Que tant soient morts
Et que vous viviez
Sans rien faire de votre vie.

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Philéo, Fabien, Antoine. Châtel-St-Germain, 25 déc.2015

Association "A Petits pas...", Aillant-sur-Tholon

Aider un enfant à grandir…
Ce monde ne nous y prépare pas.
Nous en laisse-t-il même le temps ?
Quand, où, comment pourrions-nous nous remettre en question, nous informer, nous former ?
Où pourrions-nous nous entourer d’autres parents, et nous écouter les uns les autres, sans jugement ?

Alors… un jour, sans plus attendre, pousser la porte d’une association.


Rencontrer des personnes qu’on ne connaît pas, en se demandant si on a bien fait de venir. Etre accueilli et s'en réjouir.
Avoir la possibilité de se confier ou de se taire. De s’étonner. De s’interroger.
Prendre confiance. Rire de soi-même, parfois.
Transformer ces moments informels en échanges d’expérience. C'est précieux, cela.
Observer les bébés qui se lient, qui s’autonomisent et côtoient des enfants plus âgés.
S’intéresser aux grands qui jouent, qui lisent ou qui chahutent.
Apprendre, encore et toujours, grâce à nos enfants.

Grandir, en somme.


Saisir l’opportunité de rencontrer des professionnels, d’assister à des interventions thématiques variées.
Se plonger dans une bibliothèque de plus de deux cents livres, revues, CD...
Lire des réponses aux questions que se posent tant de parents : alimentation, sommeil, éducation…
Emprunter des ouvrages pour soi, et aussi pour ses enfants.
S’inscrire à un atelier.
S’initier à la communication bienveillante, au portage ou au massage du bébé.

Participer aux « Rencontres de l’enfance et de la parentalité ».
Aider à les préparer, ou simplement venir y assister.
Parler avec les exposants, découvrir des animations, des tables-rondes, un spectacle musical pour les tout-petits.
Contribuer aux discussions sur les pages internet de l’association.
Profiter de ce réseau de parents pour solliciter un coup de main ou un soutien.
Aider à son tour.

Et se dire que tout cela est une aventure qui ne finit jamais.


Voilà, maintenant je chantonne...
« Prendre un enfant par la main, pour l’emmener vers demain. »
Et même simplement, déjà, vers aujourd’hui.

En 2015...

IMG_0551.JPGEn 2015,

Que chacun ait une maison où il se sente chez lui.
Une maison tendresse. Une maison entraide.
Un lieu de paix et d’attentions sincères.

Que le soleil brille dans chaque coeur et au-dessus de chaque village.
D'Arles à Morlaix, de Strasbourg à El Oued, de Malakoff à Gennevilliers.
Tout autour de la planète. Et en Moselle. Et en Puisaye.

Que l'on cesse d'acheter.
Que l'on bricole, que l'on répare, que l'on recouse, que l'on raffute.
Que l'on reprise et rafistole, que l'on rétame et raccommode, que l'on ravive et ressuscite.
Que l'on donne que l'on prête que l'on dépanne que l'on échange que l'on récupère que l'on recycle.

Que je ne me juge pas avec séverité. Que tu ne te juges pas avec sévérité.
Que cela nous apprenne à ne pas nous juger l'un l'autre.

Que notre insatisfaction aille voir ailleurs.
Que sonne la fin de toutes nos dépendances.
Alcool, drogues, médicaments... Argent, besoin de reconnaissance... Dépendance affective...
Que nous ayons la force de nous libérer.

Qu'ici comme ailleurs, les filles puissent chanter courir et chahuter.
Oui, chanter, courir et chahuter !
Et qu'on ne leur choisisse pas un mari.

Que je puisse continuer à aimer mes amis même quand ils ne s'aiment plus.

Que l'on pisse sur la neige.

Et que l'on pisse sur les dogmes.

Qu'on arrête de prendre Dieu pour un vieux barbu qui nous épie, là-haut sur son nuage.

Que les amis un peu trop partis dans le cosmos reviennent sur terre de temps en temps.
Mais surtout, que tous les autres trop terre-à-terre aillent faire un tour dans le cosmos.

Que les bébés de deux mille quinze soient en bonne santé.
Qu'ils nous enseignent la joie.

Que chaque jour commence par merci la vie.

Bonne année...


Trinka


revoir :
Voeux 2014
Voeux 2013
Voeux 2008

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L’atelier rue de l’abreuvoir

Elle sort de la maison.
Aux premières lueurs du jour. En manteau de laine et col roulé.
L’odeur des arbres, de la terre. L’herbe mouillée.
Le pré en écharpes de brume, le ruisseau...
Elle pénètre au cœur du village. Et là, rue de l'abreuvoir : ouvre la porte, entre dans l'atelier.

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Elle prépare ses pinceaux.
Se dit que, s’il fallait ne retenir qu’une mission pour l’artiste, ce serait de faire sortir la part d’humanité vraie enfouie en chacun. En réveillant les consciences ; en faisant éclater les vernis ; en prêtant attention aux sensations et à l’intuition ; en restaurant, surtout, la confiance en l’Amour.


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" Ce tableau d'Emma Ash est un compagnon. Je le salue chaque matin. C'est une toile habitée. En quelque sorte, le prolongement de ma rencontre avec cette femme peintre. Rencontre faite de confrontations sans concessions, et pas toujours sans heurts. Ce tableau a ouvert en moi un questionnement d’une grande richesse. Questionnement sur ma vie, mon rôle ici, ma propre capacité à créer. Il m’offre un dialogue avec mes peurs, au cœur de mon intériorité. Il me rappelle que j'ai à mes côtés une amie, une sœur. Qui me dit : « Vis, maintenant ! » "

Sur la toile, elle laisse advenir les personnages et les signes, les couleurs… Parfois le pinceau emprunte le chemin de son vécu, et pourtant c’est notre histoire la plus intime qu’il nous raconte alors.
Choisir un tableau d'Emma, l'accrocher dans sa maison et s'en souvenir quand on se promène au-dehors, c’est l'emporter avec soi, c'est accepter d’être face à soi-même, face à l’infini des possibles. Ces tableaux sont des peintures-remèdes. Oui, ils peuvent aider celui ou celle qui les contemple à s’ouvrir à une nouvelle liberté, sans entraves. Ils donnent à voir l’invisible et le caché.
Si certains matins ou certains soirs ils vous regardent, s’ils vous semblent vivants, soyez sans crainte. Vous n’êtes pas fous : ils sont vivants.
Pour le meilleur…

Si Planète m'était contée...



J’ai découvert Planète, j’avais le ventre déjà rond.
Cri d’amour,
récit de gestation,
témoignage humaniste…
Je l’ai lu à voix basse à l’enfant qui allait naître.

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Planète est un conte poétique.

C’est un souffle venu des premiers temps de la création.
Une parole porteuse d’enseignement pour les générations d’aujourd’hui et de demain.
Pas un conte sirupeux, pas une rêverie alanguie…
Planète est un rêve lumineux, un songe qui dérange et qui réveille les consciences.
C’est une parabole écologique, un témoignage vivant empli de colère et d’espoir.

Planète est un appel à se relever et à construire.

Ce texte dense m’accompagne en forêt, m’accompagne dans la ville, m’accompagne dans les jungles et dans les déserts – ceux-là même que comme vous je traverse au quotidien. Ce texte danse…
Et quand je retire mes chaussures, quand enfin je pose mon sac, je le remets dans ma bibliothèque.
Il s'y glisse entre le Prophète et le Petit Prince, à un battement d’ailes du goéland Jonathan Livingston.
Oui, ce texte danse.
Limpide et léger, et pourtant si grave et si riche…

J’allais oublier : Planète, c’est aussi l’histoire d’un dénommé Quidam.

Quidam c’est vous, quidam c’est moi.
Chacun nous sommes une parcelle de l’univers,
chacun nous sommes la totalité de ce monde vivant.

Venez écouter Planète,
venez rencontrer l’auteur autour d’un verre,
venez échanger vos réactions avec d’autres « quidam »…

Lecture contée :

Florence Régnery, Stéphane Delouis et Trinka (voix),
Delphine Mniha (violon),
sur un texte de Philippe Guirlet.

Dimanche 15 juin 2014

à 13 h 30

Ferme de l'Huis Dupin
Raffigny

58140 Gacogne (Nièvre)



Avant et après : concert, spectacle de poèmes pacifistes, table ronde et stands militants (Adret Morvan, Kokopelli) dans la ferme de Pascal & Muriel. Vente de produits locaux et bio dans une ambiance solidaire et festive où des alternatives concrètes prennent forme...

L'illustration est signée Boy Dominguez (Philippines), c'est la couverture du livre Planète de Philippe Guirlet (Ardy) dont vous trouverez des exemplaires en vente à l'issue de la représentation

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Sous l'écorce des pierres

Hé quoi ! Tout est sensible ! (Pythagore)

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !

Vers dorés (Gérard de Nerval)

Petits mondes fascinants et drôles de mises en boîtes

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1. Mises en boîtes.

Noir.
Rouge.
Obscurité.
Faisceau de lumière.
Visions étranges, tantôt oniriques, tantôt ironiques.
Des scènes minuscules présentées dans des dispositif fermés, qui font de nous des voyeurs voyageurs.

Ici, dans un sous-bois nocturne, sous le cercle ensorcelant d’une pleine lune de Sabbat, surgit une gazelle.

Plus loin, un troublant face à face avec une figure féminine aux yeux de braise.

Ailleurs, du minerai en fusion…
des ciels incandescents…
une langue de serpent…

Rouages,
chaînes,
engrenages…

Fournaises,
machines,
cheminées d’usine…

Petits mondes fascinants, les tableaux-sculptures de Jean-François Dejean semblent autant de réminiscences, de reconstitutions, d’images singulières. Scènes lilliputiennes, peut-être déjà vues – mais où ? …en rêve, ou dans les limbes d’un cauchemar ? Bribes d’histoires suspendues, en attente…

Un à un les spectateurs, découvrant quel secret renferme chacune de ces boîtes, atteignent les tréfonds de leur imaginaire et de leurs pensées. Happés par ces intérieurs secrets, il leur est parfois difficile d’en détacher leur regard. Hypnotique tête-à-tête. Ce qui s’offre à leurs yeux dans ces mystérieuses alcôves est indécelable. Ce qui s’y joue, là, maintenant, pour eux seuls, de quel genre d’expérience s’agit-il ? pourquoi ce frisson, pourquoi ce sourire, juste avant qu’ils ne refassent surface ?
Etranges rencontres.
Enigmatiques. Obscures.

Il y a de l’art dramatique dans ce dispositif.

2. Un artiste pour qui « le monde est un théâtre ».

Jean-François Dejean se définit comme « dessinateur, tailleur de pierres, plasticien ».

Il a commencé à dessiner enfant, s’est intéressé à la mythologie, a fait des études d’histoire, a réalisé des tableaux évoquant la Crète... au temps du roi Minos. Il a également appris à tailler la pierre, a travaillé pour le chantier médiéval de Guédelon, y a sculpté la clef de voûte ornée de la chambre seigneuriale du donjon… puis, un jour, décide de s’attaquer à d’autres matériaux.

Le voilà qui se met à découper, transformer et assembler des pièces de métal, de bois et de verre. Naissent alors sous sa main (ou plutôt se recomposent et renaissent) des objets uniques et audacieux, des tables curieuses et belles qui s'illuminent et nous racontent leurs vies antérieures...

Pour lui, pas question de s'enfermer dans un domaine artistique. Avant tout cela, il avait aussi créé un décor pour un théâtre parisien (L’Avare de Molière), avait joué dans plusieurs pièces, et s’était aussi ému ou passionné pour des textes – se confrontant à des auteurs variés, de Shakespeare à Brecht ou Peter Weiss. Et c’est précisément cette connaissance-là du théâtre qui transparaît dans la plupart des boîtes qu’il conçoit aujourd’hui.

Comme un orfèvre au travail, il enferme de minuscules héros légendaires dans des chambres obscures, éclaire une réalité inhumaine, immobilise derrière la vitre d’un hublot – ou l’œil d’un judas – les acteurs d’une mystérieuse tragédie, d’un drame latent.
« Les mises en scène à l’intérieur de boîtes dérivent d’une longue pratique du Théâtre avec ses décors et ses lumières, ses univers recréés, confie-t-il ; elles constituent un moyen privilégié pour m’exprimer sur un thème cher, traduire une idée, dire une révolte ou transcrire une émotion, une vision. »

Pour exposer son travail, les lieux atypiques voire buissonniers semblent lui convenir à merveille : l'ancien fournil de Moutiers, dans l’Yonne, face aux peintures murales de l’église qui font la renommée du village ; les arches du Viaduc des Arts, dans le douzième arrondissement de Paris ; et, depuis quelques temps, l'ex-épicerie du village à Saint-Sauveur-en-Puisaye, à laquelle un collectif d'artistes inventifs a redonné une nouvelle vie, savoureuse et pour le moins inattendue.

« La solitude, la continuité et le temps long sont les conditions les plus propices à cet exercice de création. »

3. Imagination, lumière, …et poésie.

Jean-François Dejean aime cette idée empruntée à Casanova :
‘Pensant à la réalité et à l’imagination, j’ai donné la préférence à celle-ci, puisque la première en dépend.’ (Casanova, Histoire de ma vie)

Il précise : « ma démarche artistique se veut poétique. Elle procède d’un certain regard, attentif et volontiers ému porté sur le vivant, sur les êtres. Elle est aussi l’expression et le désir de communication d’une vie intérieure qui m’est nécessaire, et au cœur de laquelle naissent le sentiment du Beau et celui de l’Amour. « Imaginer » est un maître-mot.
Les modes d’expression que j’utilise sont de plusieurs sortes :
- le dessin, et le pastel pour la couleur ;
- le travail de la pierre ;
- des réalisations de plasticien.
Pour ces dernières, il s’agit d’objets (tables, veilleuses …), de compositions, ou de mises en scènes à l’intérieur de boîtes pour lesquels un éclairage artificiel joue un rôle important la plupart du temps. Soit en ciblant un élément particulier pour les mises en scène, soit pour le simple fait de produire un effet lumineux spécial. Ces réalisations se font à partir de matériaux ou d’objets récupérés en bois, pierre, verre, métal, terre cuite … à l’exclusion de matières issues de l’industrie pétrochimique. Détournés de leur vocation initiale puis transformés, ils sont intégrés par assemblage dans des compositions nouvelles. »

Tout est prêt pour que nous nous laissions prendre au jeu.
L’histoire, c’est à nous de l’inventer devant ces toutes petites scènes de théâtre qui en disent à la fois trop et trop peu.
Le monde entier est un théâtre’, disait William Shakespeare.
Les petits mondes étranges de Jean-François Dejean sont autant de clins d’œil au dramaturge, vifs et malicieux, pour nous rappeler qu’une petite scène silencieuse, un instantané anodin, peuvent à leur tour être de véritables romans, en puissance…

Le Ciel est bleu

Le jour d’ouverture de l’exposition, une œuvre totalement inédite, datant de 1975, a été présentée aux visiteurs. Ce diaporama d’une dizaine de minutes était projeté en présence de l’un de ses co-auteurs, Daniel Salem.

Constructions intensives partant à l’assaut du ciel encore bleu.
Tours.
Barres.
Logements pour travailleurs immigrés.
Résidences pour familles heureuses.
Rêve technicolor d’une consommation effrénée et d’un futur furieusement moderne.
Témoignage sidérant, cette œuvre politique et esthétique nous transporte à une époque où la banlieue de Paris s’était transformée en un gigantesque chantier. Défi prométhéen, la course au progrès se voulait alors promesse d’un avenir radieux pour tous.

Le Ciel est bleu, c'est un peu comme un coup de massue qui vous laisse là, KO et pantois. Dubitatifs face à clairvoyance dont les deux auteurs, Daniel Salem et Albert Gonzalez, ont alors fait preuve. C'était les années soixante-dix. Eux étaient étudiants ; ils fréquentaient les Beaux-Arts et arpentaient la banlieue - terrains vagues et trottoirs.
Les prises de vues audacieuses, les cadrages éloquents produisent un discours qui rend inutile tout commentaire en voix-off. Place à la musique. Et quelle musique ! « Et exspecto resurrectionem mortuorum » (« Et j’attends la résurrection des morts »), un morceau composé par Olivier Messiaen en 1964, interprété par les Percussions de Strasbourg. Le musicien s'était inspiré des imposantes montagnes des Hautes-Alpes qui l'entouraient alors, ainsi que des images d’édifices immenses et sacrés - églises et cathédrales, temples mayas ou aztèques, pyramides égyptiennes. Son œuvre, transposée ici, semble tout à la fois célébrer le monde moderne et montrer du doigt les monuments déshumanisants qu'il enfante.

Réalisé et projeté avec ce qui était à l’époque du matériel de haute technologie *, ce diaporama est une succession d’images en fondu-enchaîné. Le procédé du « fondu-enchaîné » possède la particularité de faire advenir, entre la progressive disparition d’une photo et l’apparition de la suivante, une troisième image virtuelle. Une image à la fois éphémère et fantomatique, créée par la superposition des deux autres. Et c’est là, précisément, que surgit l’inattendu : au premier regard, certaines images semblent être le fruit d’une surimpression ; très vite, on comprend qu'il n'en est rien, qu'on est face à une photographie unique. Humble reproduction, fidèle, d’un univers surprenant et hétérogène, au sein duquel de vieux immeubles décatis jouxtent des constructions à l’architecture futuriste et arrogante. Paysage hétérogène ou... schizophrène ?

C'est avec une sensation de vertige que l'on sort d’une projection du Ciel est bleu. Sans doute à cause de ces images-ci, qui se heurtent à cette musique-là. Mais, plus certainement encore, à cause du vibrant rappel de ce que fut cette époque. Rappel qui aujourd'hui se heurte au recul qu’on en a, quarante ans après. Et au sinistre bilan que chacun ne peut s’empêcher mentalement de dresser.
Dès lors, l'esprit vagabonde, et l'on se souvient qu'en 1960, déjà, Maurice Pialat signait un court-métrage d’une force poétique, historique et politique exceptionnelle : L’amour existe (Prix Louis-Delluc 1960, Mostra de Venise Lion Saint-Marc 1961, Prix Louis Lumière 1961). La projection de Saint-Sauveur lui fait écho. Si vous voulez savoir pourquoi, n'attendez pas et régalez-vous de ce petit joyau injustement méconnu.

Le ciel est bleu, oui.
L'amour existe, sans doute.
Faites-moi la courte-échelle : je veux apercevoir le premier et embrasser le second.
S'il vous plaît...

  • *Deux projecteurs Simda, un toppeur Simda F 100, un magnétophone à bande Revox B77
 Aujourd’hui, Daniel Salem poursuit sa démarche artistique en photographiant les paysages de Puisaye ; épris de la région depuis bientôt dix ans, il offre l’hospitalité aux visiteurs dans ses chambres d’hôtes au décor inspiré des fifties. Chambres d’hôtes à Saint-Sauveur, hameau des Perreux :1950-lestendresannees.blogspot.com

En 2014...

En 2014,

Je nous souhaite de marcher bien chaussés sur le sol givré.

Je nous souhaite de courir nu-pieds dans l’herbe séchée.

Je nous souhaite de respirer.

Je nous souhaite d’aimer nos petites soifs nos petites faims de nantis,
d’aimer nos innocentes névroses nos tranquilles insomnies,
d’être heureux lorsque nos maladies restent gentilles.

Je nous souhaite de traverser les saisons, les typhons et les moissons en joyeux vagabonds.

Je nous souhaite un foyer, je nous souhaite une maison.

Je nous souhaite de saluer le soleil tous les matins, d’un bout à l’autre de l’année.

Je nous souhaite de penser quand même à la mort pour souvent sourire à la vie.

Je nous souhaite de tourner sur nous-même de pédaler de mouliner de sautiller de nous tenir encore et encore debout sur nos deux pieds.

Je nous souhaite de tenir la main d’un petit être qui avance d’un pas mal assuré.

Je nous souhaite de ramasser des galets.

Je nous souhaite de chanter je nous souhaite d’embrasser de caresser de humer.

Je nous souhaite d’aimer.

Très bonne année.


Trinka

Pourquoi il faut connaître Emma Ash, encore

Elle est chamane, artiste, femme...
Sans doute pour elle n'est-ce là qu'une seule et même nature.

Ce qu’elle crée ? Des images qui résonnent avec la part du divin - parfois exaltée, parfois étouffée - au-dedans de chacun.
Pas ici de pacotille.
Emma Ash sait toucher en nous ce qui parle vrai.

Ce qui parle de l’homme,
de la femme,
de l’enfant parfois blessé.

Ce qui parle au-dedans de l’arbre,
ce qui se dit dans la danse de l’aigle tournoyant haut dans le ciel.

Ce qui murmure dans la terre et se couche sur la toile :
papier froissé,
sable,
ocres broyées,
couleurs ou demi-teintes,
ballets d’oiseaux,
baisers,
naissances.
Jaillissement d’énergie pure ou travail d’orfèvre aux motifs ciselés.

Ici, ça chante et ça respire, ça s’enivre ou ça caresse.
Parfois ça souffre aussi.
Et, partout, ça palpite.
Il est des toiles ardentes. Il en est de paisibles.

Toujours,
la conscience de la fragilité,
l’invocation de la force,
la confiance en la vie.

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Pourquoi il faut connaître Emma Ash

Emma Couple Bashir

Parce que depuis dix ans Emma Ash peint l'amour, la mort, l'enfance et la séparation.

Parce que son monde est onirique, et le nôtre pas assez.

Parce que ses tableaux aux sujets charnels et à l'humeur céleste sont profondément émouvants.

Parce que cette artiste est énigmatique mais aussi indéfectiblement enthousiaste.
Et être enthousiaste c'est aussi, au sens premier, être inspiré par le divin.

Peut-être enfin pour mieux comprendre ces quelques mots de François Cheng
(Cinq méditations sur la beauté) :

"L'art authentique est en soi une conquête de l'esprit ;
il élève l'homme à la dignité du Créateur,
fait jaillir des ténèbres du destin un éclair d'émotion et de jouissance mémorable,
une lueur de passion et de compassion que l'on peut partager".




A la Ferté-Loupière, Emma Ash investit le très bel espace de la Grange du Prieuré du 15 juin au 28 juillet 2013, avec deux expositions consécutives : "10 ans de peinture (2002-2012)" et "Transfiguration".
plus d'infos ici : Yonne.lautre

A Saint-Sauveur-en-Puisaye, à la Galerie des Créacteurs, ses oeuvres les plus récentes sont présentées aux côtés des sculptures de Pascale Bulloz jusqu'au 30 juin 2013.

Choisir d'exposer dans la Grange du Prieuré, c'est offrir aux visiteurs un cadre et une atmosphère uniques. A l'image de l'exposition qui s'est tenue l'été dernier, à Escamps : le cadre, c'était la Chapelle d'Avigneau, habitée par les tableaux d'Emma Ash et les sculptures d'Ardy... Les pierres, le bois, la chaux et les vitraux, en symbiose... Les murs et l'histoire du lieu, en dialogue avec les oeuvres présentées... Souvenir magnifique. Emotion intacte.


Sur les chemins aux quatre vents, le travail d'Emma a croisé Bashir Lazhar (lire l'article) et Fabbrica (lire l'article).



Fleur de rosée, émotion éphémère : le haïku du jour

Chaque matin, un haïku.
Prélevé parmi les perles de rosée.
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A demain matin ...

13 février

C'est mon lac intérieur
- Dans l'ombre rôde
Un tigre noir

Kaneko Tôta

7 février

Sans savoir pourquoi
J'aime ce monde
Où nous venons pour mourir

Natsume Sôseki

Voeux 2013

Cette nuit n'ayons pas le blues
De dire adieu à deux mille douze
Car voici la meilleure des news :

Un nouvel an ramène sa fraise.
Demain matin, ne vous déplaise,
On se réveille en deux mille treize.

Punaise !

L'égoïsme me pèse
La Finance nous b...
La Terre crie au malaise.

Alors quittons nos charentaises,
Oui ! Marchons sur les braises,
Et... rendons la vie moins mauvaise ; - )

Les céramiques de Karine Werner

Exposition de Karine Werner à Auxerre, avec Philippe Mottron, novembre-décembre 2012.
Les photos ont été prises par Philéo.

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Planète in vitro... émotion in vivo.

Eté 2012. Exposition Sophies B. (Sophie Bernert, Sophie Bonnet) à Saint-Sauveur, galerie des Créacteurs.

Dehors c’est la Puisaye : pluie, humidité, arbres, fleurs, forêt.
Dedans c’est un espace consacré à l’art, avec ses drôles de créations, ses visiteurs curieux et ses exposants.
Un jour, l'inévitable collision. Le dehors s’invite au-dedans. L’art s’agite et devient vivant...

Sophie_Bonnet_Expo1.jpg Sophie_Bernet_Expo1.jpg

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Voeux 2011, échos

Hellooo
...hello
...llo

Y a quelqu'un
...aquelqu'un
...elqu'un

Meilleurs voeux
...eursvoeux
...rveux

Deux mille onze
...millonze
...lonze

On vous aime
...vousaime
...zaime

Trinka and co
...and co
...écho

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