L’amour et la mort. L’homme et la nature. Des thèmes omniprésents chez Emma Ash et Ardy. Présentées à quelques mètres d’une danse macabre du XVème siècle et tout contre le vivifiant jardin du Prieuré, leurs œuvres n’en ont que plus de résonnance.

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De pierre ou de bois, ses sculptures invitent à la caresse. Au centre de la Grange du Prieuré, taillées dans un if calciné, deux mains retiennent une sphère de marbre noir. C’est L’avenir de l’homme. Ardy nous fait voyager de terres lointaines en rencontres charnelles. Le sculpteur a écrit ces mots : « Je veux proclamer que l’art et la culture, de tous temps, ont offert un avenir au monde qui sait si bien se perdre. Tant de guerres et de misères dans un monde d’abondance me paraîtront toujours être une insulte pour l’esprit humain. ». D’une oeuvre à l’autre, on se promène entre courbes sensuelles et formes primitives, entre inspirations africaines et hommages à la nature. Les magnifiques Oiseaux d’Arz, taillés dans du poirier, tendent leurs silhouettes élancées vers le ciel. Plus loin, on peut voir des images du travail réalisé par Ardy lors d’une résidence à Timimoun dans le Sahara algérien : sable, lumière et sphères de terre.

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Emma Ash, convaincue que « la blessure est l’endroit par lequel la lumière pénètre en nous » peint des couples défaits ou enlacés, des cortèges interrogateurs, des paysages peuplés de visages. Dans cet ensemble saisissant, de nombreuses encres. Sur les murs, des falaises se dressent. Des yeux apparaissent. De traversées obscures en tendres retrouvailles, des assemblées faméliques nous dévisagent et des couples s’enlacent, entre élan fusionnel et impossibilité à se rejoindre.

L’exposition des tableaux d’Emma Ash et des sculptures et photographies d’Ardy s’est ouverte samedi lors d’un vernissage en plein air et en musique. De nombreux visiteurs ont répondu à l’invitation des deux artistes installés à la Ferté-Loupière. Ils ont pu admirer les œuvres au son d’une guitare, d’une trompette puis d’un violoncelle. Portées par la musique, les œuvres d’Emma Ash et Ardy se répondent... et nous interrogent.